"Je m'appelle Bagdad et je suis tombée..."
Peux tu me suivre et te laisser aller à penser que cette chanson ne parle pas que de cette cité de pierre ?
C'est la plus belle manière de te dire que je t'aime et de te faire partager ma sensibilité. Ni je ne sais, ni je ne peux imaginer, mais je peux te parler, te dire jusqu'à t’enivrer pour te soulager, pour que tu puisses t'échapper.
Tu vois la beauté de cet enfant ? Cette pureté opalescente qui lui donne un côté mystique, la réincarnation de la vie. Je sens la joie, je sens le bonheur, je sens l’insouciance et les rires. Ce que toi et moi savons si précieux, ce simple plaisir d'exister. Il y a ce regard bienveillant de ceux à qui tu as été confiée dans un panier d'amour.
Comment penser que tout cela n'est pas un message d'éternité ?
"On m'appelait la cité pleine de grâce,... capitale de lumière, Dieu que tout se perd".
Aussi belle, aussi riche, aussi heureuse, aussi vivante, et...
"Je m'appelle Bagdad et je suis tombée...sous le feu des blindés"
C'est la guerre putain ! pas un petit bobo de chat sur lequel on va souffler et te dire que tout va bien aller. Ce n'est pas simplement violent ou détestable, ce n'est pas quelque chose dont on discute. C'est inimaginable, on ne peut pas s'y préparer, il ne faut même pas y penser. De la souffrance à l'état pur directement en intraveineuse, un shoot qui arrête le temps et le cœur.
Qui résiste à un char ? Métal contre peau, moteur contre cœur, froid contre chaud, force contre amour. La ville est immobile, tétanisée, enveloppée dans un manteau de nuit. Les pierres crient-elles ? non, elles se brisent.
"Je m'appelle Bagdad, princesse défigurée et Shéhérazade m'a oubliée"
Champ de ruines, marquée, la ville a de la chance, elle, on pourrait comprendre ce qu'elle a enduré, on pourrait recomposer son histoire. La compassion est là, il n'est pas besoin de quelqu'un qui raconte pour comprendre quelle a été sa peine. Comment montrer sa souffrance quand son visage est intacte alors qu'à l'intérieur, tout est différent ? Que dire sans connaître les mots et que l'on n'est pas à sa place, quand ce sont des mots interdits. Comment dire que l'on brule encore de ce souvenir du feu ?
Comment raconter une histoire où il n'y a pas de héros ?
"Je vis sur mes terres
Comme une pauvre mendiante
Sous les bulldozers
Les esprits me hantent
Je pleure ma beauté en ruine
Sous les pierres encore fumantes
C'est mon âme qu'on assassine"
.... Comme une pauvre mendiante
Sous les bulldozers
Les esprits me hantent
Je pleure ma beauté en ruine
Sous les pierres encore fumantes
C'est mon âme qu'on assassine"
"Ils ont tout détruit"
...Pas tout... tu es là, on ne sait comment.
Moi, je ne suis pas assez fort pour effacer, je ne suis pas assez fort pour faire comme si de rien, mais je te propose de construire avec moi une autre ville, une autre histoire. Je veux que tu retrouves ce sourire de l'enfance et que tes lèvres me parlent au présent.
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