lundi 24 octobre 2011

Kâmasûtra

  Comme si un homme et une femme pouvaient s'ennuyer quand ils se retrouvent ensemble... enfin, si cela pouvait arriver, ce couple pourrait se référer à ce qui est présenté comme la bible de la technique sexuelle : Le Kâmasûtra !
C'est par une curiosité purement sexuelle que j'y suis venu et c'est à une vraie découverte que je suis parvenu.

  Je recherchais de la technique pour devenir un meilleur amant, je voulais me rassurer sur ce que je pouvais bien savoir par rapport à ce qui pouvait se faire, je souhaitais apprendre jusqu'où on pouvait aller dans le plaisir quand on avait fait le tour des 64 positions de références.
Ce n'était pas pour améliorer ma jouissance personnelle que je me documentais, je voulais être plus performant, plus savant, c'est de ma réputation de "trop bon coup" dont je me préoccupais. Cela peut faire rire mon lecteur, mais j'étais persuadé que je pouvais ne pas être le plus beau, je pouvais ne pas avoir la plus grosse, mais je serais celui qui, grâce à sa technique d'érudit, arriverait à faire grimper sa dernière minette - la plus nouvelle possible - au rideau.
Je commence à lire... et... je regarde l'index... je vais à l'essentiel, le truc que personne ne lit et dont tout le monde parle pourtant : le chapitre II. Là, c'est la fête : il y a du vocabulaire, des noms pour nommer les organes génitaux, des totemisations des sexes des couples dont les mensurations respectives sont compatibles ou pas. Le Yoni - le sexe féminin, le lingam - le sexe masculin, le congrès ou l'union - l'acte sexuel ; je vous passe la compatibilité de la femme biche et de l'homme cheval, ou de l'homme lièvre et de la femme jument.
Mais surtout, ce que je découvre, ce n'est rien de sale ou de déplacé, rien de pervers ou de cru, rien n'est impossible mais à aménager, à comprendre, à prendre en compte. Des situations dont il faut savoir organiser le meilleur pour que l'homme et la femme puissent y trouver l'épanouissement.
Le baiser, la morsure, la griffure, l'homosexualité, rien n'est interdit, je vous recommande le chapitre VIII de la première partie : à l'époque où ce livre a été écrit, il est déjà prévu que la femme puisse être "active". La fellation est strictement expliquée au chapitre IX. Je vous laisse profiter du chapitre X - première partie, surtout la partie post congrès : un vrai régal...

Ensuite, certaines positions sexuelles me paraissaient hors de portée, inintéressantes, réservée aux nanas faisant 20kg de moins que moi,... et à l'époque, j'ai certainement lancée à la cantonade : "ouais, à par une ou deux positions, rien d'impossible, je n'ai rien appris d'extraordinaire". Normal, à tout juste plus de 20 ans avec un peu de sang dans de la testostérone, tout s'explique.

Avec le temps, je me suis rendu compte que le Kâmasûtra était bien plus que ce manuel à l'usage des apprentis baiseurs.
  Les gravures représentant des congrès, ces images que l'on trouve en illustration, ne sont que des "représentations" des positions, la photo n'existant pas, ce sont des peintures, des dessins ou des gravures qui nous ont été transmises. Au passage, cela évite les boutons sur les fesses que l'on trouve sur les porno à 1 euro le kilo, ces images à retoucher au montage car c'est trop moche un bouton sur les femmes de votre actrice fétiche... Je crois que pour représenter une union à l'époque, il était nécessaire de bien montrer comment cela fonctionnait, ce qui nécessite de corser (ie exagérer) parfois les positions des corps. Personne ne croit que les Égyptiens marchaient à "plat" ! Et bien personne ne devrait croire que les positions du Kâmasûtra ressemblent à celles des gravures quand on les réalise à la maison ;-). Seul le principe est à retenir : chaque position apporte des contraintes et des libertés, il faut en profiter pour ce que chacune apporte. "Pénétrer une grosse" - "Avoir les mains libres" - "Choisir le rythme parce que l'on est au dessus",...
  Tout le Kâmasûtra ou rien. C'est ça qui est le plus intéressant, c'est que ce livre ne se limite pas à livrer, même si c'était fait d'une manière très esthétique ce ne serait pas suffisant, une documentation de technique sexuelle, mais c'est un manuel du vivre ensemble, un manuel du savoir vivre. Il présente tous les moments cruciaux de la vie tel qu'on se réfléchissait à l'époque.

  Vous devez le sentir dans mes derniers mots, je crois que Le Kâmasûtra est maintenant dépassé dans certains de ses thèmes. Il reste cependant bigrement d'actualité sur le fond, sur la nécessité de construire au sein d'un couple un univers d'érotisme, de sensualité, de partage. Peut-être est-ce une erreur fondamentale de penser que l'on peut faire des généralités sur la manière dont un couple peut gérer ce "vivre ensemble" et il me semble aussi décalé de reprendre toute la pesanteur des conventions sous la forme des spécialités sur le savoir vivre de Nadine de Rothschild... mais ce niveau de partage, de confiance, de contact, de proximité et de respect est ce qui doit nourrir la vie d'un couple aussi bien entre elle et lui qu'entre eux et le monde.

 A toi,
 avec le temps que j'ai
 avec le meilleur de mes mots

1 commentaires:

  1. Je t'aime mon ange et j'ai envie de partager ta vie.

    Ishtar

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